Carnet de route

A couteaux tirés (*)

Sortie :  week end (semi débutant) COMPLET du 27/01/2024

Le 27/01/2024 par Jean Beaufort

Samedi 27 janvier, nous voilà partis pour deux jours de ski dans les Écrins : Pierre (notre organisateur/encadrant/cuisinier/conseiller technique/assureur), Frank, Carole, Jean-Baptiste et moi.

Au titre du soutien aux agriculteurs, et nous laissant facilement convaincre par un tas de fumier à Bourg de Péage, nous nous rendons jusqu’à Voreppe par la route nationale. Et toujours en lien avec les agriculteurs, nous évitons la rocade de Grenoble en choisissant de faire un détour par les petites rues pour rejoindre Vizille. On aura mis deux heures de plus, mais c’est pour une bonne cause.

Tout en conduisant, Franck réalise qu’il a oublié ses couteaux (premier épisode qui justifie le titre de ce carnet) : qu’à cela ne tienne, il pourra en louer à Bourg d’Oisans.

 

Parking du Pont d’Arsine à Villar d’Arêne (1700m), on peut chausser dès le parking et suivre la Romanche au départ par les pistes de fond. Assez rapidement, on s’éloigne du lit de la Romanche pour s’élever sur une vire puis on fait une traversée pour aller franchir un torrent puis monter une pente raide dans des arbres qui amène au pied du couloir supérieur. La neige est gelée dans cette vallée ombragée, les couteaux sont nécessaires. Arrivés en haut du couloir, une longue partie très plate dans un paysage grandiose et ensoleillé nous amène au refuge de l’Alpe de Villar d’Arène (2077m).

 

C’est au refuge d’hiver que nous allons dormir : 25 places. Le petit problème, c’est qu’avec ce temps superbe on n’y est pas tout à fait seuls : une bonne vingtaine de couchettes sont déjà occupées par des duvets et autre matériel d’alpi ou de cuisine ! On avait prévu de skier un peu au-dessus du refuge l’après-midi, mais celui-ci s’annonçant bondé, l’urgence sera de prendre nos repas (de midi et du soir en une fois) avant que les autres groupes ne reviennent de course : nous serons 25 occupants (+ 25 sacs, 25 coques de chaussures, des cordes, des casques, des réchauds, …), il n’y a que deux tables, la salle fait 20 m² et dehors il gèle.

Et c’est à l’occasion de ce repas pris dans le peu d’espace disponible que se révèle le talent de préparateur de Pierre : il a prévu deux réchauds et des gamelles pour faire fondre la neige (on aura finalement l’opportunité de pouvoir prélever de l’eau courante dans un ruisseau à 20 minutes du refuge, ce qui économisera du gaz et du temps), des sachets de soupe, du riz qu’il fera cuire et accompagnera d’une sauce aux champignons et au canard (avec une option végétarienne pour moi) qu’il avait préparée et mise sous vide. Il a même pu nous réaliser des flans à la vanille qu’il a fait refroidir dans la neige. Un festin, achevé vers 17h30 afin de laisser la table à d’autres groupes.

 

Dans le dortoir bondé, la nuit n’a pas été froide, mais relativement courte tout de même !

 

Dimanche matin, on avait prévu de s’élever jusqu’à la crête de Pradieu en rive droite du vallon du Col d’Arsine. Dans les pentes à 30°, neige gelée, il faut mettre les couteaux : c’est alors que (deuxième justification du titre de ce récit), l’un de nous cinq (je ne dirai pas lequel : on peut juste déduire de l’emploi du masculin qu’il ne s’agit pas de Carole) réalise qu’il a oublié ses couteaux au refuge !!! Du coup nous traversons en rive gauche, moins pentue et exposée Est, pour monter à la Bosse de Chamoussière (2503 m) : on devra dépeauter un peu avant le sommet, car il est l’heure d’entreprendre la redescente.

Vers la fin de la redescente, après le long couloir gelé qu’il nous faut descendre en dérapage, nous atteignons la descente entre les arbres qui s’achève sur le franchissement du petit torrent (torrent dans lequel il vaudrait mieux ne pas sauter, de peur d’une chute de 2 ou 3 m sur de gros cailloux !). Même si Franck choisit de descendre de façon autonome, je demande à Pierre de m’assurer pour les 30 premiers mètres de cette descente à 30/35° : il le fera aussi pour Jean-Baptiste et Carole, du coup. Ce n’était pas « indispensable » mais rassurant et formateur.

Vers 16h, nous voilà arrivés au parking, heureux de ce que nous avons vécu. Nous n’aurons pas fait beaucoup de dénivelé (la neige gelée et le refuge bondé nous ont fait perdre du temps), mais l’ambiance haute-montagne était fantastique !

Le retour sera un peu long, toujours grâce à nos amis agriculteurs mais aussi à l’itinéraire bis proposé par Wase pour éviter Bourg de Péage dont l’entrée était bloquée.

Globalement un super week-end.

Merci Pierre.

 

(*) Le titre ne fait pas référence à l’ambiance entre nous cinq (elle était excellente), mais aux couteaux à ski qui s’étaient bizarrement tirés du sac de certains.

CLUB ALPIN FRANCAIS CREST VAL DE DROME
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