Carnet de route
Traversée du Vercors de Corrençon à Vallon Combeau
Sortie : SRN - Traversée du Vercors du 08/02/2026
Le 24/02/2026 par Alain OGGERO
Tout a commencé en contactant le CAF de Crest grâce à des coordonnées communiquées par Gilles. Deux semaines avant la traversée , j'étais accepté pour un week end initiés ski de rando nordique ( SRN pour les intimes)
Ça a bien marché, et j'ai été accepté à la traversée des hauts plateaux du Vercors en 5 jours entre le 08 et le 12 Février avec bivouacs et pulka. Environs 50 Km pour environs 2100 de D+. 5 participants initialement, et finalement 4 au départ Marie Hélène Francis Christophe et moi.
Grosse opération logistique pour Francis et Marie Hélène.
Trouver un véhicule ( dans des conditions économiques acceptables) capable de transporter 4 personnes avec pulkas et skis + conducteur.
Trouver également un chauffeur susceptible de nous amener à Corrençon depuis Crest, et de ramener le véhicule à Crest.
Trouver un deuxième chauffeur capable de reprendre le véhicule en question à Crest pour nous récupérer au Vallon Combeau le 12 Février à 15h, et de nous ramener à Crest !Enfin ça s'est bien goupillé grâce à la générosité et disponibilité de Eric et Jean Marie.
Nous voila donc aux portes des Hauts Plateaux à Corrençon le 8 Février. Dernier café, merci et au revoir à Eric.
On attelle les Husky (nous en l'occurrence) devant les pulkas, et voila enfin le départ en fin de matinée. Peu de neige au départ, mais ça devient rapidement confortable. Belle journée d'échauffement.
Francis et Marie Hélène nous trouvent un site de bivouac sympa, juste avant la Combe de Darbounouse et nous montons les tentes. Pelles, ancre à neige, réchaud à essence pour faire de l'eau... Belle nuit calme.
Le lendemain, même opération mais dans l'autre sens. Démontage et rangement dans la pulka. Ca rentre moins bien qu'à la maison.
J'ai la mauvaise habitude d'emporter trop de choses, donc pulka trop lourde qui verse facilement dans les devers. Pourtant cette fois j'avais laissé mon enclume préférée à la maisons !
Nous reprenons la traversée avec comme objectif la remontée du Canyon des Erges. Très physique ce coin là ! même bien enneigé, 1m de neige mini, ça monte fort surtout avec la pulka derrière.
Le ciel commence à se couvrir
En fin d'aprèm, nous arrivons à la cabane de la Jasse du Play. Nous y faisons halte pour la nuit, et sympathisons avec un couple de Belge. Il neige pendant la nuit.
Le troisième jour 10 Février, nous repartons vers le Sud, météo plus compliquée. Mes Leaders nous guident avec beaucoup de mémoire du terrain, et peu de GPS. Des réflexions du genre "mais si, on à déjà bivouaquer dans le petit vallon à gauche, à coté du grand sapin". Il y a beaucoup de petits vallons et de grands sapins! Très beaux paysages magnifiquement sublimés par la neige et la couverture nuageuse grise.
Nous déjeunons dans un abris de la Grande Cabane
Nous passons à coté de la cabane de Pré Peyret, et continuons une petite heure à skier vers Peyre rouge , où nous établissons notre deuxième bivouac , au milieu de rien, mais sous la neige qui tombe abondement. Elle finit par nous tremper comme des soupes. Toujours le même cérémonial, tente, eau chaude pour le repas du soir et les thermos, duvets. Il neige abondamment pendant le nuit et la neige accumulée sur le toit en dôme de la tente, se décroche en paquets de temps en temps, faisant un bruit identique à une patte qui s'enfonce dans la neige. J'ai l'impression qu'un renard gourmand veut s'attaquer à mon saucisson resté dans la pulka !
Les conditions météo dégradées de cette journée me font remonter des réflexions du style " Que suis je venu faire dans cette galère ? "
Le quatrième jours 11 Février nous repartons pour un courte étape de trois heures. Nous croisons une équipe de raquettistes. Discussions d'usage, ils viennent de la Cabane de Chaumailloux. Chouette, ils ont fait une belle trace, la navigation devient plus facile.
Nous arrivons à cette cabane très tôt dans l'aprèm, la météo très changeante nous permet de voir le Mont Aiguille avec du ciel bleu..... un court moment. Le couple de Belge rencontré à la Jasse du Playe nous y rejoint, suivi d'un jeune qui se balade en solo et raquettes, vers Pré Peyret. Poids de son sac : 21Kg beaucoup pour moi, aussi pour lui ! Ce soir, pas de tente à monter, mais toujours le "doux" bruit du réchaud à essence. les Anglo-Saxons désignent ce réchaud comme " "roaring burner" soit en français " réchaud vrombissant ", tout un programme. Je crois que nous sommes devenus addict à ce bruit.
Le mauvais temps persiste.
Cinquième jour le 12 Février, venteux et neigeux, nous ne savons pas que la tempête Nils est en cours ! La journée débute par une montée copieuse. Ma pulka verse ( pour la énième fois) dans un devers, il faut déchausser les skis, et là on s'enfonce dans la neige jusqu'au genoux, voir à mi-cuisses ! mes compagnons viendrons m'aider plus d'une fois, à la tirer, la pousser ou la redresser au court de cette traversée. Passage de neige croutée et de neige qui botte sous les peaux, malgré le fartage. Plus possible de skier, il faut marcher avec les skis au pieds, la pulka pousse dans les descentes et créée des situations délicates... Difficile d'avancer.
Repas dans un abris de la bergerie de Chamousset. jour blanc après le repas, navigation difficile. le brouillard se lève et mes" navigateurs" continuent de "lire" le terrain pour trouver les meilleurs passages pour SRN et pulkas.
Sur un devers mal négocié ma pulka part en vrille, et casse un timon.
Francis trouvera la solution : un bâton de rechange sert d'atèle au timon cassé. Il refuse mes colliers polyéthylène (Tyraps Colsons), et préfère sortir un rouleaux d'adhésif très solide. La réparation tiendra jusqu'à l'arrivée !
la neige ne botte plus, la piste forestière est en pente douce, plaisir de skier avec une pulka enfin docile jusqu'à rencontrer Jean Marie, notre chauffeur "retour", juste là où le chasse neige s'est arrêté .
Il est 15h30, fin de la traversée. Sentiments contradictoires, " chouette on l'a fait", " Super on est arrivé, fini la météo difficile " "dommage, déjà fini" .
Merci à tous ceux qui ont contribués à cette superbe et initiatique traversée.
Alain



