Carnet de route
Flashback WE cascade de glace à Freissinières
Le 27/09/2018 par Marie Frier
Petit retour en arrière à l'hiver dernier car l'histoire n'avait pas été contée.
Parfois, la confiance dans ses partenaires nous amène à faire des choses qu'on aurait pas imaginées. Je m'explique : sortie cascade de glace dans les Ecrins encadrée par Clément. Cordée de 3 avec Hugo et moi-même. Youpi. La belle équipe au bon endroit. Pour une 1ère expérience en vrai (hors cascade d'initiation, ça va être sympa).
Je reçois le programme imaginé par Clément. Ouais ouais, Freissinières, "Impatience" et "les larmes de Nicodène" 3 longueurs chacune, de la couenne aux Razis… et au milieu de cela "Au-delà des ombres". Un peu austère l'invitation… mais surtout je lis bien : 12 longueurs, 550m de difficultés. "Euuuh… t'es sûr ? Avec mon expérience, et ma main fraîchement suturée ?! ". Pas de réponse, c'est que ça doit être faisable.
Et donc après une bonne nuitée dans le rbnb tout confort dégoté par Clém (merci les gars pour la chambre), samedi, mise en jambe à Freissinières. Petit doute sur la marche d'approche mais nous y voilà. On grimpe deux voies dont une qu'on voit s'effondrer plus tard sous les coups de pioche d'une autre cordée. Petit rappel à l'ordre, la glace c'est fragile ! Le soir c'est préparation méticuleuse du matos et des cervelles (de la mienne en tout cas).
Dimanche, départ plus qu'aux aurores, l'idée étant d'être les 1ers sur la face pour ne pas être retardés par une cordée lente. Silence radio dans la voiture. Concentration. Clément nous fait la démonstration de ses talents de pilote sur glace ; on avance au plus près de la montagne. Marche d'approche longue, pentue et sportive car on est coursé par une bande d'italiens qui veulent nous rafler la "pole position". Arrivée exténuée au bas de la voie, pas le temps de souffler, on lâche le superflus dans le sac à dos qu'on retrouvera au retour et c'est parti ! Ca grimpe, tape, crochette, se prend de la glace plein la figure et les vêtements… On avance. Une ambiance gazeuse pas croyable. Une grande longueur de 45m en 5 me fait hurler de douleur tellement j'ai bras et mollets en feu… Mais que c'est beau. Mais que ça engage aussi ! 1ère vraie expérience de "vraie" montagne. Je suis happée. Mission accomplie et c'est le début de la redescende en rappel : corde qui se coince, relais sur petits arbres, descendeur bloqué par un rocher, empilement de grimpeurs vâchés dans le vide, avec une bonne partie effectuée à la frontale… Arrivée en bas explosée de fatigue mais tellement heureuse.
Le lendemain, on se "détend" sur un gros cigare de glace très fréquenté à Ceillac. Après une petite réparation mécanique auto nous rentrons en Drôme, riches d'une sacrée aventure, tant pour le corps que pour l'âme…





