Carnet de route
Dans les limites de l'entendement Refuge de la Pra
Le 30/06/2018 par Touzalin Marie-Hélène
Dans les limites de l'entendement
« Vite ! Ne restez pas là, descendez ! - Où ça ?! Le tonnerre gronde. La pluie ne s'arrête plus. Il faut continuer d'avancer.
_–·1·–_ Le soleil brille en ce samedi matin de Pentecôte, comme devrais briller un soleil au mois de mai. La forêt est emplie d'un éphémère silence. S'agitant dans tous les sens un camion passe, tentant de se frayer un chemin plutôt plat à travers les graviers. À peine arrêté en sortent quelques grimaciers qui s'éparpillent sur la pelouse. Le responsable de tout ceci est le célèbre Mr.44, détenteur des clés du camion et maître des arts oratoires et à ses côtés, qui le suit et le surveille, la non moins connue M.H. Une serpillière, une brosse de toilette, un manche à balai et Simon, voilà les pittoresques spécimens, incapables de se débrouiller seuls, même pour faire leurs sacs, dont la taille se mesure à leur amour propre. Et pourtant ce sont cela même qui vont appliquer la technique ancestrale de la marche pour atteindre le Refuge. Le départ est donné et quelques moments perdus plus tard les premiers pieds s'avancent prudemment. Le chemin s'enfonce dans la forêt qui elle-même monte sur la montagne qui se dirige vers son sommet. Mais là n'est pas l'objectif, en supposant que l'on puisse appeler ça objectif, puisqu'un un homme cherchera avant tout à assouvir ses besoins primaires. Dormir. Manger. Faire du bruit. Dans n'importe quel ordre indéfini. Le chemin ne se perd pas et par chance c'est celui-ci que suivent les six personnages, et autres énergumènes que l'on rencontre dans ces endroits, qui parviennent à s'aventurer à travers arbres et cailloux jusqu'au lac. Sensuel, celui-ci attire à lui les voyageurs qui, pour peu qu'ils se laissent aller à son charme, le rejoignent dans sa solitude glacée. La neige est arrivée en premier. Par quelques miracles que la nature se permet d'accorder à de rares occasions le ciel avait laissé en paix les substances matériels qui constituent notre réalité. Et alors que tout le monde joue au funambule au dessus de l'étendue bleutée, un énorme rugissement se fait entendre. Telle est la loi de Murfy, qui associée à celle du pâté en croûte ne porte pas chance aux aventureux. Le rythme de marche s'accélère, personne ne veut se retrouver mouillé par de l'eau. Mais ce qui devait arriver arriva, au milieu d'une rude ascension enneigée les éléments se déchaîne. Et que peut une serpillière, guidant le groupe, face au force de la nature si ce n'est continuer à avancer... Tout le monde s'y met, un pas, et encore un autre, et puis un autre jusqu'à oublié ce que ça fait d'être sec. Le tonnerre gronde. La pluie ne s'arrête plus lorsque le sommet est atteint. Ici au moins les éclairs tomberont plus facilement sur les tas de linges mouillés. Il faut continuer d'avancer, jusqu'au refuge qui serait, selon les dires d'un panneau croisé en route, plus très loin vers le bas. Mais quel bas ? Quelques demi-tours plus tard, le manche à balai découvre le bon chemin, celui qui mène à l'arrivée, le refuge de la Pra !!!! Mouillés et confus, un singe reste un singe et n'hésitera pas à profaner un lieu sacré.
_–·2·–_ Les montagnes s'étirent encore que la joyeuse compagnie prend déjà son petit déjeuner. M.H aujourd'hui préfère rester a explorer ailleurs pendant que les autres iront se perdre entre deux cailloux. Armés de baudrier et portant les piolets ils font face à l'arête. La neige et les rochers forme un damier le long de la montagne, c'est un paysage parfait pour pratiquer la marche encordée avec crampons. En essayant de faire le moins de nœuds possible la serpillère et le manche à balai se mettent ensemble au côté de la brosse de toilette et Simon, Mr.44 en tant que maître supérieur se passe de sécurité pour l'instant. L'escalade commence en douceur sur les cailloux grinçants et les tentatives de chutes font la queue. Évidemment le guide suprême ne manque pas d'imagination pour trouver les plus mauvaises passes, soit disant pour que les jeunes imberbes se préparent à pire dans leurs prochaines aventures. Le but est de s'entraîner, bien sûr, c'est pour cela que les quelques nuages qui viennent couper le chemin font faire demi-tour, l'autre raison étant que le temps manque dû aux quelques épreuves ajouter par Mr.44. En essayant d'apprécier les parties visible du paysage, tout le monde redescend. M.H qui n'a pas chômé et peu bronzé attend la troupe, toujours au refuge. Alors que le retour vers le camion n'a pas commencé l'heure du repas est déclaré. Comme l'a dit Ronsard à son époque Carpe Diem, c'est à dire profite de la vie "Avant qu'il ne soit trop tard..." c'est bien ceux à quoi il va falloir penser pour que la nuit ne tombe pas avant que les intrépides grimaciers ne soient de retour. Au revoir madame, au revoir monsieur, au revoir gîte de la Pra, les voilà partis. C'est un pas après l'autre qu'ils se perdent sur le doux chemin enneigé. Les pistes indéfinies se croisent et s'imbriquent sans qu'une indication ne se décide à se placer sur la route. Néanmoins tous ce qui peut arriver doit arriver et la possibilité que les aventuriers reviennent à leur véhicule existant c'est bien là qu'ils arrivèrent. En fin de journée car la nuit est sombre et pleine de terreurs.





