Carnet de route

Ski autour de la Femma

Sortie :  ski en etoile du refuge la Femma du 03/04/2018

Le 07/04/2018 par Philippe Loquineau

J1, départ de Termignon (Val Cenis) à 10h. Certains réveils avaient sonné à 4h… Michel annonce juste que le temps bouché l’a obligé à l’option montée qui pourrait être fastidieuse. On n’avait pas vraiment compris… Longue piste classique, temps gris, quelques gouttes, une zone a coulé, évitée droit dans la pente à escalader des blocs de neige, 2 chamois filent ; longue, oui c’est déjà dit… A mi-parcours, on longe le refuge du Plan du Lac. Guy a besoin d’acheter une bouteille d’eau, on attend dehors. Et là je découvre que Michel peut être d’une cruauté rare. Il nous précède pour aller visiter le refuge… Du bois partout, 2 poêles qui ronflent, oh là là… Un très vieux texte dit qu’il faut savoir ne pas céder à la tentation, moi, sûr, là j’aurais signé tout de suite … pour une modification de programme !

Ça continue dans un très long vallon, la visibilité vire au tout blanc, à la fin ça botte pendant quasi une heure… Ceci dit, le vallon est très pastoral avec de nombreux habitats d’alpage. On apprendra plus tard que l’appellation « Bleu de Termignon » a bien dynamisé l’élevage local. Yes !

On arrive au refuge (2345m) sous les acclamations (presque) des gardiens qui nous félicitent pour cette bavante. 8h on a mis. 18/20 km.

Jean-Luc qui semble pourtant avoir parcouru tous les refuges de France pense qu’il n’a jamais connu un refuge avec une aussi longue approche…

 

J2, grisaille matinale. Départ vers le Sud pour descendre des pentes Nord (tu suis ?). 150m de dénivelé, puis Michel stoppe et annonce un changement de versant. Devant nous il y a une gorge surmontée de pentes raides qui en fait donc un coupe-gorge.

De l’autre côté c’est de plus en plus bouché et on finit dans le gris total. Il neige fort. Quand on attaque la descente on constate que Michel a une impressionnante capacité à mémoriser tous les reliefs parce que nos traces de montée sont recouvertes et pourtant il sait… Et là le sketch du séjour : Michel envoie un bâton à 5/6 mètres devant lui !!! Et, qu’est-ce que ça fonctionne ! C’est en effet le seul moyen pour deviner ce qui s’annonce devant les spatules.

Et ça ne rate pas, au 3em lancer, le bâton disparait dans un trou. Une doline et un mur de 2/3 mètres à descendre en dérapage. Jamais on n’aurait pu deviner… Jusqu’en bas on aura besoin de ce protocole pour pouvoir descendre. C’est peu dire qu’on en reparlera avec admiration et exclamations … de ses lancers de bâton !

 

J3, grisaille matinale et vent. Objectif, vers « Méan Martin ». Plus on monte plus ça s’épaissit. De près, de loin rien n’est visible. Les IphiGéNie travaillent à fond et fréquemment.

Le patron sait où on va, ça tombe bien parce qu’il est difficile de regarder ailleurs que les skis qui nous précèdent. Quand je prends un (court) relais pour faire la trace, mes yeux ont en permanence la certitude que 2 mètres en avant des spatules, ça plonge… Bien sûr ça monte.

A propos. Je n’avais toujours pas jugé utile et vu la nécessité d’enregistrer une trace avec GPS. Sauf que là Michel demande à Jef de le faire pour « le retour », si ça ne se lève pas. Il y a du bagage ! Pause froide et ventée à midi sous un gros rocher. La météo a annoncé une amélioration en milieu de journée. Il y a du retard… Le patron de la sortie devient moniteur de colo et propose de se faire un trou à neige/abri du vent pour la future nuit. On bouge les pelles avec bonheur + réchauffement et… les éclaircies arrivent !

On va jusqu’à la crête au-dessus, puis c’est la longue descente de plus en plus ensoleillée.

 

J4, petit-déj à 6h. Départ magique au petit jour, lumière rare. Puis, soleil, et pas de vent. Les plus belles journées sont les plus dures à décrire. On monte jusqu’à la pointe de la Sana, 3436m … Grande Casse, Mont Blanc et toute sa face sud (arrêtes de Rochefort et sorties des Jorasses), Cervin (!), Grand Paradis, Viso, Ecrins, Meige… Pfff…. Il faudrait un lyrisme que je n’ai pas mais, c’est un grand, un très grand moment.

Il est des journées où tout est offert. Y étant les premiers (Michel leur a donc fait la trace de la journée) on descend avec une neige encore bonne. 20 cm de « douce » dans la pente sommitale, puis moquette sur fond dur en dessous… A part nos 2 caïds (M et JF) nous ne savions même pas qu’on pouvait skier aussi bien. Quand le fond est là… Après-midi terrasse au refuge, gavée de soleil. Le bonheur, ça se partage, on tchache à tous les étages. On sait tous qu’on vient de vivre une journée historique.

Christine et Jean-Luc ayant une contrainte samedi, ils rejoignent en fin d’am le refuge du Plan du lac pour gagner du temps le lendemain matin : ils seront les seuls clients, avec un gardien solitaire et aimant l’apéro !

 

J5, soleil, ciel bleu et chaleur. Le retour à la voiture est calé sur carte. On ne va pas redescendre le vallon et la route de l’aller !

Et là, c’est récompense totale. Une ambiance de raid (on improvise), un long plateau moutonné comme des dunes avec au-dessus des parois très « haute montagne », seuls au monde… Descentes variées, paysage enchanteur, 9 chamois à les toucher, 2 perdrix blanches…

Tu veux quoi d’autre à part dire merci la vie ?

 







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