Carnet de route
Raid en Val Maira, piemont.
Sortie : raid ski val Maira du 26/03/2017
Le 31/03/2017 par michel maunand
Le val Maira est situé côté italien de l’Ubaye française. Ce massif est devenu un « temple du ski de randonnée ». Pas une station mécanique, des petits villages en pierres et toits en lauzes, des charmantes églises piémontaises, une excellente nourriture, des forêts de mélèzes, des vallons et couloirs la plupart orientés nord, le Viso domine, le Mercantour s'étend au sud, la brume de Cunéo et Turin s'alanguit au loin, tout est réuni à partir du hameau de Chialvetta, où nous avons passé trois nuits sur cinq.
L’équipe est composée de Géraldine, Eric (mon co-encadrant) et son fils Aurélien, Jean-François, Nicolas et moi-même, un groupe homogène tant au niveau ski que pour l’ambiance, parfaite.
Partis dimanche 26 mars de Crest à 5h30 nouvelle heure (un peu négocié !), nous arrivons vers 8h30 à Larche, France, à quelques kilomètres du col éponyme (que les italiens appellent Maddalena). Chance, soleil et 50cm de neige de la nuit sont là. Mais le BRA est de niveau 4, la chaleur arrive vite !
Nous chaussons les peaux pour une longue journée de botage à la montée, de poudreuse de plus en plus lourde à la descente. Les coulées sont nombreuses. Notre itinéraire est à 30° max, mais nous restons vigilants, surtout au-dessus de nous. Il faut porter à l’arrivée à la Locanda di Chialvetta, bien confortable et située à 1480m. Dos et jambes couinent pour certains, j’avais annoncé 700/800m+, et le résultat est à 1300+ (justifiés par un départ plus bas et un sommet au passage, mais ils en n'ont rien à faire !!!). Le repas est pantagruélique : antipasti, soupe, primari et secondari, dessert … on ballonne.
Le 2° jour, il pleut ! nous devons changer de vallée pour Preit à l'est, 1541m, via le Boscasso, 2590m. La neige ruisselle, le brouillard brouille la trace, le sommet élancé nous oblige à bifurquer et à descendre la Cialancia Piana, piano, sur 300m pour un plan B via le Mt Puitas, plus facile : un passage est raide dans cette combe, il y a des coulées. Je trouve les croupes, la pente, les arbres … nous remontons dard-dard et nous pouvons descendre l’autre versant dans la soupe, puis l'herbe.
Le village de Preit est encore plus mignon que Chialvetta. La table de la Locanda Elfi est magique, et Nicolas fête une dizaine (chut, pas de chiffre !), et il nous paie bien à boire…la patronne et son Mario sont adorables et offrent un gâteau avec sa bougie. La salle de restaurant est comble.
Le 3° jour, regel nocturne et le beau temps prennent place et ne nous quitteront plus jusqu’au 6° jour. Nous retournons à Chialvetta par l’arête du Boscasso hier évitée, c’est vrai une peu impressionnante. La neige belle en haut fond en bas, il faut porter de plus en plus, malgré nos essais d’itinéraires « froids ». Nous retrouvons le soir une équipe de raquetistes français et bruyants (guide du diois!), dont la conversation nous est détaillée par la salle à manger voutée. On se marre bien, ça fuse, ça boit (modérément) et ça prépare la sortie suivante.
Le 4° jour, la boucle par la Repiatetta est pratiquement déserte, les sacs sont légers. Se succèdent une montée nord à faire la trace avec un moment bien raide dans 60cm de fraiche, tous les six bien espacés, puis une variante à quatre en face est décaillée, et pour tous, nous faisons deux beaux couloirs nord, ça y est, en poudre magique. Puis nous sinuons plus bas dans les vieilles coulées, maousses. Après 1400m+, rentrés au village, le papy voisin va tout faire pour réparer une deuxième fois la carre sortie du ski d’Aurélien. Avec lui (Aurèl), je vais tout faire pour ne pas se prendre une deuxième tôle à la belotte : loupé encore !
Le 5° jour, nous reprennons nos sacs lourds pour traverser vers Chiappera via le col d’Enchiausa. Les rennes sont confiés à Géraldine et Jean-François : orientation, trace, gestion du groupe, une belle école partagée. On visite un grand bivouac, Nicolas rêve d’igloo, les sandwichs ne sont pas à la hauteur des repas… Je renonce à un couloir, la descente est variée et magnifique, le final est rock@roll dans les forêts et le dernier portage de 3km en fond de vallée jusqu’au refuge Campo Base justifie la bière traditionnelle.
Le 6° jour, retour à la casa…via le col Sautron frontalier. C’est au tour de Nicolas et d’Aurélien de conduire la course. Choisir le bon vallon, la bonne trace, la bonne descente, repeauter 100m pour s’offrir la dernière descente presque jusqu’à Larche alors que tout est vert autour (expérience du derrnier tour en Ubaye), admirer un gros chamois si près, cela implique tout le groupe et forme en peu plus nos participants dans la joie et la beauté de ce sport en raid.
