Carnet de route
Tapage de piochons dans les Ecrins !
Sortie : Cascade de glace en hautes alpes du 18/02/2017
Le 03/03/2017 par Clément
Cette année, suite à la vague de froid de janvier, les conditions de cascade de glace ont été excellentes un peu partout. Malheureusement, le 20 février, la vague de froid est loin derrière nous et tout le monde s'inquiète de savoir si nous allons grimper sur de la glace ... ou refaire le monde au bistro en se lamentant d'arriver trop tard ! Juan a même prévu les chaussons dans la valise. Mais c'est quand même remontés à bloc que les 6 piocheurs du week-end embarquent dans la grimpozaure-mobile en route pour l'Argentière.
Samedi :
J'ai prévu d'emmener tout le monde faire Happy Birthday à Freissinières, une petite cascade en 4. Heureusement, je laisse traîner mes oreilles dans la salle à manger le matin et me rends compte que 2 cordées de 3 y vont déjà ... On se rabat sur Fracastorus : 5 longueurs en grade 3 pour se remettre doucement dans le bain. Cascade pour nous seuls, peu de marche d'approche, pas froid : la journée est tellement parfaite que Juan se sent pousser des ailes et nous met les broches dans la dernière vraie longueur ! Seb se balade et fait le clown ... Romain trouve ça un peu facile pour sa première cascade ...Après une longueur bonus de 60m pour les plus motivés et une recherche arva pour les feignasses, on est rentré au gîte tôt : c'est cool !
Le soir, Seb, Romain et Juan se mettrons au défi de finir les plats du gîte, démontrant que l'homme peut fonctionner comme un boa constrictor : 1 repas par mois en engloutissant 3 fois son poids, ça passe facile. Pas question de dormir sur le ventre en revanche ...
Dimanche :
Aujourd'hui c'est goulotte ! Personne au parking, personne dans le vallon, personne dans la voie. La Canaille -- car c'est bien son nom -- est rien que pour nous ! Histoire de s'échauffer tranquillement, la première longueur est un mur de glace de 50m en grade 4, glace béton et pas une trace. Seb se met une bonne trash psychologique pendant que je reste concentré dans la version placage du même mur. La suite est plus facile : des pentes de neige, un mur de glace en 3+, des pente de neige et pour finir un petit rétablissement en neige inconsistante que les connaisseurs apprécieront. Mais où est Seb ??! La 2e cordée a pris un peu de retard et nous redescendons dans une goulotte parallèle pour ne pas se gêner. Un petit coup d'oeil à l'heure : 16h ... 8 rappels à 3 ... Euh Seb, faudrait penser à redescendre !!
De retour au pied, j'envoie Juan et Romain chercher un bar au village (en vain mais c'était pas prévu) tandis que je vais faire un petit tour à ski en attendant la 2e cordée. La nuit commence doucement à tomber et je suis au talkie les pérégrinations de la cordée grimpozauresque ! 20h : congelés mais heureux, la cordée arrive en bas de rappels. 21h15 : on est au village. 21h30 : on se fait inviter à finir les restes -- sur lesquels Marie se jette -- par un groupe de vacanciers du village : des mecs débarquant hagards à ski avec un énorme sac dans la nuit, ça attire l'attention !
Lundi :
On n'est pas venu pour explorer les bistros du briançonnais, alors c'est reparti pour grimper ! Mais on sent que les troupes sont un peu moins fraîches ... Cette fois, personne en vue pour Happy Together et Ice Pocalypse : c'est parti ! Je me lance dans la 1ère longueur, commune aux 2 cascades et fais monter Juan et Paola. Seb nous suit de près avec Romain et Marie. Innocemment, je chauffe Juan pour qu'il fasse la 2e longueur en tête, ce qu'il accepte naïvement ! Pendant ce temps là, Seb tente un raccourci pour rejoindre le pied de la 2e longueur de Happy Together sans prendre la pente de neige qui demande de faire 2 traversées. C'est à ce moment que j'entends un "voooooool !". Une broche à glace, ça tient. Un piolet aussi. Bilan des courses : Papa Seb est en bas et Maman piolet est en haut ! Qu'à cela ne tienne, Seb prend un piochon de Romain et remonte au combat.
"Putain !!!". Seb s'est mis un 2e vol. Bilan : Papa Seb : 2 vols. Maman piolet fois 2 sont restés là haut. Bon bah Romain, t'auras plus de piochon : tant pis pour toi ! Marie profite de cette excuse pour se défiler, en invoquant des maux de ventre pour ne pas perdre la face ! Elle sera moulinée au pied de la cascade par une cordée belge qui nous suit et doit bien s'amuser de ce joyeux boxon !
Pendant ce temps, Juan s'est mis la trash mais est parvenu au dernier relais, sans vol en ce qui le concerne. Bravo ! Maintenant, je vais pouvoir lui annoncer la cotation : 4+ ! Nous redescendons en rappel et laissons la moulinette pour Romain et Seb, qui a eu son lot d'émotions fortes pour la journée. Pendant ce temps là, je pars mettre la corde dans Happy Together, Juan ayant également eu son quota de frayeur ! Après une belle longueur de 50m nous redescendons en rappel et profitons de la moulinette dans Ice Pocalypse pour se faire les bras dans le raide.
Ensuite c'est retour au bercail avec un Seb boiteux : la cheville a trinqué lors du premier vol ... 17h30 : on est déjà au gîte ! On retrouve Marie qui fait semblant de bosser, on fait l'état des victimes et on lance à manger.
Mardi :
Seb déclare forfait, entraînant Paola avec lui dans sa flemme car elle ne veut pas le laisser seul. Ils en seront quittes pour feignasser au soleil, regarder les photos, dormir, manger, regarder un film ...
Pendant ce temps-là, on part se mettre une mission pour atteindre la cascade des Razis. Marie et Juan me maudiront de leur avoir fait laisser les raquettes à la voiture, tandis que Romain et moi, à skis, nous maudiront de ne pas avoir de broche pour commencer à mettre des cordes en attendant Juan et Marie.
Il est tard, Seb et Paola nous attendent, la cascade est belle ... Pas le temps de se chauffer je pars direct au plus long et au plus raide pour poser la corde. 50m de grade 5 et 8 broches plus tard, 2 cordes sont posées et on va pouvoir faire joujou. Cigare, dévers, glace stalactitée, tout y passe, pour le bonheur de chacun. C'est haut, c'es raide, ça fait les bras, c'est beau, et on a même droit à peu de soleil ! Que demande le peuple ?!!
Pour redescendre, Marie et Juan on la solution de facilité des pieds (mais c'est plus long) et Romain et moi faisons les frais d'une neige moisie et d'un sac de 20kg chacun pour faire de l'excellent ski jusqu'à rejoindre les pistes de fond. Pour notre plus grand bonheur, le retour se termine par un long plat en neige type "soupe" sur lequel nous travaillerons l'excellence de notre pas de patineur. On va demander un télécabine chauffé pour accéder à la cascade, et une baraque à frites au pied.
16h30 au parking : on est pile poil à l'heure ! On terminera le séjour chez Maïlys avec pizzas et gâteau aux pommes sans gluten ni lactose (mais quand même avec des pommes), heureux et (temporairement) rassasiés de glaçons !


