Carnet de route
Pulka et bivouac : une belle expérience
Sortie : SRN - Initiation bivouac Complet du 07/03/2026
Le 14/03/2026 par Jean BEAUFORT
Un week-end des 7 et 8 mars où la météo s’annonçait plutôt mauvaise (pluie jusqu’à 2000 m ?) et la neige des Hauts Plateaux incertaine. Mais finalement il a fait très beau, et la neige était bonne. Et d’ailleurs heureusement que la neige était bonne, car s’il avait fallu faire des descentes en neige croûtée poussés par les pulkas, ça aurait été plutôt acrobatique !!
Je m’étais donc inscrit à ce week-end de SRN organisé par Marie-Hélène et Francis Touzalin ; de même que Laura et Patrick. Nous étions cinq, avec quatre pulkas : on pouvait se relayer à l’attelage.
Quelques apprentissages que j’ai faits en matière de pulka :
- Jouer l’animal de trait oblige à aller très lentement en montée, et provoque des à-coups dans les descentes : j’aurai dorénavant une empathie particulière pour les mulets, les ânes, les bœufs, les chevaux et autres animaux d’attelage.
- Francis table sur une vitesse moyenne de 2 km/h lorsqu’on voyage avec une pulka. Ça peut paraître assez lent, mais vu qu’on y trimbale une trentaine de kilos, on a beaucoup d’autonomie et on doit pouvoir voyager longtemps. Ce rythme est d’ailleurs très agréable, contemplatif.
- En descente, on s’habitue assez rapidement aux à-coups donnés par la pukka, et c’est même amusant si la neige est bonne (c’était le cas) : on se sent propulsé (poussé depuis les hanches) et il faut donc anticiper les passages un peu raides en évitant de viser droit dans le pentu… tout en allant le plus vite possible lorsque s’annonce une remontée.
- Les manœuvres avec la pulka sont dignes d’une manœuvre de semi-remorque : il faut prendre très large. Et la marche arrière est quasiment impossible, surtout avec les peaux.
- Il n’y a pas de rétroviseur (!!), et vu qu’on est pris dans le brancard au niveau des hanches, il faut se pencher la tête en bas pour essayer de regarder derrière : Francis y arrivait bien … j’ai seulement essayé, puis laissé tomber !
J’ai aussi appris des choses en matière de bivouac dans la neige. Par exemple :
- Bien décaisser et niveler l’emplacement de sa tente : jusqu’à ce que nos pieds n’y fassent plus de trous avant de la monter (sinon, les trous on les aura sous le tapis de sol, si vous voyez ce que je veux dire).
- Pour attacher la tente, utiliser des sardines ou des ancres à neige qu’on installe à l’horizontale sous la neige (ce peut être de simples éléments alu, ou des rondelles de bâtons), puis tasser. On peut aussi utiliser ses skis, ses bâtons.
- Devant l’entrée de la tente, creuser un trou assez grand d’une trentaine de centimètres de profondeur ; il servira de puits à froid (le froid qui serait sous la tente y descendra) et permettra d’enlever et mettre ses chaussures confortablement.
- Bien prévoir un piolet pour pouvoir récupérer les ancres à neige et les sardines le lendemain matin : invisibles sous la neige gelée, sans piolet il serait impossible de démonter la tente !
- Ne rien laisser à l’extérieur qui pourrait tenter un renard de passage… : ils pourraient facilement déchiqueter un sac dans lequel ils sentiraient des choses à manger. Des traces de renard, on a vu souvent dans ce désert de neige.
Et dans tout ça je n’ai pas parlé de notre course en elle-même. Du parking d’hiver de Combeau, nous sommes montés au Pas de la Coche puis avons cheminé sur les Hauts Plateaux vers l’Ouest. En milieu d’après-midi, ayant trouvé un bon futur emplacement pour notre bivouac, face au Glandasse, nous y avons laissé nos pulkas et sommes descendus jusqu’à la bergerie du Jardin du Roi. Une fois remontés, il était environ 17h, nous avons installé le campement. Soirée fort sympathique autour de la bouteille et de la bougie d’anniversaire apportées par Patrick. Il faisait évidemment froid, nous nous sommes réfugiés dans nos tentes relativement tôt.
Le lendemain matin, grand soleil ! Neige gelée, ce qui était plus confortable au plan de l’humidité. Après avoir petit-déjeuné et plié le campement, nous sommes repartis plein Nord vers la tête des Chanaux. A un moment, nous avons laissé nos pulkas pour descendre chercher la Bergerie (ruine) de de la Jasse de l’Echelle ; de belles descentes dans de la neige décaillée. Une fois remonté à nos pulkas, nous nous sommes dirigés vers Tête Chevalière, que nous avons monté en aller-retour (à nouveau sans pulkas) : une redescente fantastique en neige de printemps. Et enfin nous sommes redescendus au parking par le Col du Creuson : une belle descente, ludique, poussés par nos attelages.
Ce fut un très beau week-end, une bonne ambiance entre nous cinq, une belle découverte pour moi : je renouvellerai l’expérience. Merci beaucoup Marie et Francis !





